Entrevue de travailleur autonome : Sébastien Fournier, illustrateur et animateur 2D

Chaque mois, nous choisissons un membre PRO qui s’illustre dans son domaine par la qualité de son travail. Pour cet entretien, nous avons choisi Sébastien Fournier, illustrateur et animateur 2D. Voici donc une courte entrevue en cinq questions qu’il nous a accordée.

Qu’est-ce qui t’a poussé à devenir travailleur autonome?

La raison principale était ce désir d’indépendance qui m’a toujours habité et qui habite certainement beaucoup d’entre vous. Pour ma part, la décision s’est prise au moment d’un creux de vague de production chez mon employeur de l’époque. Ayant démystifié les mécanismes de production dans cette boite d’animation 2D, j’ai pu les transposer chez Cirkus Animation, et les améliorer. Le domaine dans lequel j’évoluais permettait d’accéder facilement à ce type d’autonomie professionnelle vu l’investissement de départ relativement peu élevé. Un budget pour combler l’achat d’un ordinateur convenable, quelques logiciels et l’inscription à deux portails d’appels d’offres (un québécois et un français) m’a permis de décrocher mes premiers contrats.

Quelles difficultés as-tu rencontrées comme animateur 2D?

Les difficultés ont été multiples et ce, à tous les niveaux. Étant patron, gestionnaire, représentant, promoteur, graphiste (en production vidéo impliquant elle-même différentes expertises) et technicien à la fois, j’ai eu à faire face, inévitablement, à des bugs informatiques de toutes sortes, à certains clients de mauvaise foi, à des passages à vide financiers, à des pannes d’inspiration, à quelques nuits d’insomnie pour trouver des solutions à tout cela. Après plus de 14 ans d’expériences et grâce à la constitution d’une petite équipe de collaborateurs également pigistes, je suis maintenant en mesure d’anticiper et d’éviter bien des soucis.

Est-ce qu’il y a des choses que tu aurais désiré savoir en début de carrière?

Tout ce qui touche les droits d’auteurs et d’utilisation d’œuvres, surtout lorsque le projet du client est à but lucratif. Nombreux pigistes en art visuel ne les incluent pas, soit par ignorance, soit pour ne pas embarrasser le client avec des détails légaux laborieux reliés aux redevances. Une solution simple est d’inclure dans un prix forfaitaire un montant X équivalent à la valeur des droits sur l’œuvre selon les lois en vigueur. C’est une question de négociation qui dépend de plusieurs facteurs, on la comprend mieux avec l’expérience.

Est-ce qu’il y a certains trucs ou habitudes qui t’aident à faire ton travail d’animateur 2D?

Oui, plusieurs. Je me suis doté d’un formulaire en ligne, composé de questions précises pour l’estimation des coûts des projets. Il m’aide à préciser les charges de travail et les effectifs nécessaires selon les besoins du client que j’implique dans le processus de création tout en gardant le contrôle et le rassurant. C’est le client qui vous a choisi pour votre expertise après tout!

Est-ce que tu as quelques livres ou ressources que tu recommanderais à d’autres animateurs 2D?

Différentes ressources très utiles sur le site d’Illustration Québec incluant un guide de survie de l’illustrateur, des grilles tarifaires, des exemples de facture et de contrat.

Si tu avais un seul conseil à donner pour aider un animateur 2D à trouver des contrats, quel serait-il?

En trois mots, avec tout ce que ça implique – Rigueur, persévérance et ingéniosité.

Quelques pièces portfolio de Sébastien

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